Rennes

Les rennes


Les rennes, qu’ils soient domestiques ou sauvages, migrent de la fin de l’hiver au début de l’été. Ils peuvent parcourir quelques centaines de kilomètres. Au printemps, les rennes se dirigent vers les côtes et s’établissent sur les péninsules. Les rennes semi-domestiques vivent principalement dans la zone arctique. Les rennes sauvages vivent dans les montagnes du sud du pays. Le poids varie beaucoup au cours de l’année. En moyenne, les mâles pèsent environ 100 kg en été. Les femelles sont plus petites et pèsent environ 75 kg.

Les rennes en Norvège

Le nord de la Norvège est un milieu arctique caractérisé principalement par son climat de type polaire. La moyenne de température du mois le plus chaud est de 10°C et il n’y a pratiquement pas de jours sans gel. Cette zone est caractérisée également par une végétation de type toundra. C’est une formation de végétation discontinue, rase, composée de graminées, de lichens et de quelques arbres nains. Au-delà du cercle polaire, on observe les premiers jour et nuit de 24 heures. Plus on va vers le nord, plus les nuits polaires et les journées sans nuit sont nombreuses. De plus, le changement de la durée du jour au printemps et en automne se fait beaucoup plus rapidement aux latitudes les plus élevées. Le sud de la Norvège a un climat beaucoup plus tempéré et humide, de type océanique. Les températures sont un peu plus élevées le long des côtes grâce au Gulf Stream.

Les atouts et les conditions environnementales

Les rennes qui vivent à des latitudes très élevées sont soumis à de grandes variations de température entre l’été et l’hiver (de +15°C à -40°C). Dans un environnement froid, il peut maintenir une température corporelle élevée. Il peut réduire ou augmenter la quantité de chaleur. En hiver, il possède une fourrure d’une excellente valeur isolante qui apporte une barrière efficace contre une perte de chaleur excessive. Le renne restreint également la perte de chaleur par des mécanismes physiologiques. Enfin, des réponses comportementales comme le fait de se recroqueviller ou de rechercher les zones au microclimat sont observables. Cela peut également réduire la perte de chaleur dans un environnement froid. La mue permet de faire varier la valeur isolante de la fourrure en fonction de la saison. Les rennes choisissent également des lieux de pâture frais et vont le plus haut possible dans les montagnes pendant les jours d’été les plus chauds. Dans les régions polaires, les animaux sont presque constamment soumis à des températures critiques, lorsque le froid est associé à une absence totale de soleil.

Le pelage

Le pelage du renne est un relativement bon isolant grâce à la grande quantité d’air enfermée entre les poils. L’interposition d’une couche isolante comme la fourrure entre la peau et l’air froid réduit voire supprime la déperdition de chaleur. La chaleur produite par le corps du renne en été est toujours supérieure à celle produite en hiver, quelle que soit son activité. Le pouvoir isolant d’une fourrure dépend de la quantité d’air emprisonné entre les poils et de la résistance du pelage vis-à-vis des mouvements de convection de l’air dans la fourrure.

Chez les Cervidés, l’isolation dépend de l’air contenu dans les espaces médullaires des longs poils creux et épais et de la couche d’air retenue dans les poils laineux formant une couche protectrice courte et dense. La structure physique de la fourrure (longueur, diamètre et densité des poils) détermine son efficacité en tant qu’isolant. Le pelage du renne est très isolant. Il est le Cervidé qui a la plus grande densité de poils par cm².

Son pelage est composé de poils de garde et de poils laineux. Les poils laineux sont fins, très flexibles, généralement courts et ondulés. Ils sont dépourvus de moelle et la cuticule est faite d’écailles retroussées permettant l’accrochage des brins les uns aux autres. Ce feutrage assure une excellente isolation thermique. La densité des poils laineux chez le renne est de 2000 poils par cm². A chaque poil sont annexés une glande sébacée et un petit muscle lisse arrecteur. La sécrétion de la glande sébacée lubrifie et imperméabilise la surface du poil. Le pelage reste donc sec ce qui permet à l’animal de ne pas souffrir de la pluie ou de la neige. Quand il est couché, la neige ne fond pas sous lui, de même que le gel ne s’accumule pas sur le pelage. Celui-ci reste également assez isolant quand les rennes traversent de grandes étendues d’eau, notamment lors de leurs migrations.

Importance de la fourrure

De plus, le renne est le seul Cervidé à avoir le museau recouvert de poils. Ils protègent du froid cette zone habituellement très sensible et diminuent la perte de chaleur. Cela permet aussi au renne de mettre son nez dans la neige pour creuser et chercher de la nourriture. Le renne peut supporter des températures très basses en hiver, sans modifier son métabolisme, grâce à l’isolation de sa fourrure. En été, les températures élevées nécessitent une adaptation de ce pouvoir isolant, ce qui est assuré par la mue. En été, la fourrure est plus éparse, contient moins de poils laineux et permet une bonne dissipation de la chaleur. La peau est fine et les glandes sudoripares et sébacées sont développées.

Adaptations à la lumière

Les régions arctiques situées au-delà du cercle polaire dans lesquelles vivent les rennes sont soumises à des variations considérables de la photopériode. Ils sont de plus exposés à des conditions de lumière dans lesquelles le cycle jour-nuit est pratiquement absent ou très réduit pendant de longues périodes tous les ans. Cela arrive pendant l’hiver quand le soleil reste en permanence en dessous de la ligne d’horizon et pendant l’été quand il ne disparaît jamais. Ces conditions sont un véritable challenge pour les rythmes biologiques parce qu’en général la lumière en continu anéantit le rythme de la mélatonine et l’obscurité permanente désynchronise les horloges biologiques.

L’activité des rennes de Norvège en été se distribue de manière homogène sur les 24 heures de lumière, ils peuvent être actifs autant à midi qu’à minuit. Les rennes de Norvège sont donc capables de répondre à de très faibles variations de luminosité au cours de la journée. Soit ils intègrent les faibles informations lumineuses disponibles en hiver, soit leur horloge biologique est supprimée et l’activité est régulée à la place par les variations de l’intensité lumineuse. Les rennes semblent s’être adaptés aux conditions lumineuses des hautes latitudes par une réduction générale de la force et de l’activité de leur horloge interne.

La compétition et la reproduction

La période du rut, caractérisée par la spermatogenèse, dure deux mois, de mi-septembre à mi-novembre. Le rut a lieu régulièrement même en l’absence de femelles. Contrairement à d’autres Ongulés, les rennes mâles n’utilisent pas leur brame pendant cette période. Les étalons renâclent en signe d’agression. Les poils du museau se hérissent et les muscles de l’encolure se contractent. La prise alimentaire est fortement réduite voire nulle et les mâles perdent beaucoup de poids. L’accouplement a lieu majoritairement au lever du jour et à la tombée de la nuit. Seul le mâle dominant peut saillir les femelles.

Les bois

Les rennes sont les seuls Cervidés dont les deux sexes portent des bois. Même les animaux stérilisés en ont. Les bois sont constitués d’un tissu osseux recouvert de velours qui est constitué d’un épiderme et d’un derme possédant entre autres des glandes sébacées, des poils, des vaisseaux sanguins et des nerfs. Les bois pèsent environ de 7 à 10 kg et mesurent jusqu’à 120 cm chez les adultes.

Les animaux les plus lourds ont les bois les plus grands et les plus lourds. Les mâles les plus lourds (qui peuvent peser jusqu’à 150 kg) peuvent porter des bois de 12 kg. La taille des bois dépend de la quantité de nourriture disponible car leur fabrication coûte beaucoup en minéraux. Chez les rennes, le contenu en calcium et la densité du squelette diminuent pendant la croissance des bois. Les minéraux contenus dans les bois sont donc disponibles en quantité limitée. Les bois sont non seulement utilisés comme des armes mais sont aussi importants dans le choix d’un partenaire au moment du rut.

La nourriture en hiver

En hiver, les rennes doivent creuser la neige pour trouver de la nourriture. Ils peuvent creuser jusqu’à 70 cm de profondeur. Les animaux dominants ont tendance à utiliser des trous faits par des animaux dominés. Les faons sont presque totalement dépendants de leur mère pour manger. Ils se nourrissent dans le trou que celle-ci a creusé, alors que partager un trou avec son petit ne coûte pas d’énergie à la mère.

Le partage d’un trou avec sa mère influe sur la perte de poids du faon pendant l’hiver. Le trou est moins souvent pris par un autre faon si la mère est dominante. De plus, les petits dépensent moins d’énergie à creuser s’ils mangent dans le même trou que leur mère. Chez les rennes, le statut de la mère influence en particulier le poids des faons femelles qui ont plus tendance à rester avec leur mère que les mâles. De plus, ces derniers sont généralement plus grands que les femelles et ont donc moins de risques de se faire prendre leur trou par un autre faon.





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