Les Macareux moine, Fratercula arctica

Description
Le Macareux moine est un alcidé au bec triangulaire. Il est massif et coloré avec un losange bleuâtre cerné de jaune vers la base. La tête est grosse avec un collier et une calotte noir. Les pattes sont rouges orangées. Les sexes sont identiques. Les plaques cornées ornementales du bec disparaissent après la nidification. Le bec devient alors plus petit à dominante jaune et gris. Chez les juvéniles, le bec est encore plus fin que chez l’adulte et les pattes sont roses sale. Le vol est battu, très rapide et direct, les ailes paraissent anormalement petites par rapport à la taille du corps. Le corps est long d’environ 30 cm et pèse entre 350 et 600 grammes.

Les mues
Pour les adultes, après la période de reproduction, une première mue partielle arrive entre juillet et septembre. Les plumes de la tête et du corps sont remplacées. Une seconde mue arrive entre janvier et février et touchent les plumes des ailes et de la queue. De nouvelles plaques ornées apparaissent juste avant le retour aux colonies. Pour les oiseaux sortis du nid, une seule mue, arrive entre mars et juillet.

Aire de répartition
Principalement les macareux moine sont répartis sur l’Europe du Nord. Une petite population niche sur la côte Ouest Atlantique. Enfin, il se trouve aussi en Russie, en Norvège, au Groenland, en Islande et au Canada. Pour la plupart des individus, la péninsule ibérique semble marquer la limite méridionale de la dispersion hivernale.
Lieu de vie
Le Macareux moine niche en colonie, à l’intérieur d’un terrier qu’il creuse lui-même. Trois habitats sont utilisés : la zone de rupture de pente au sommet des petites falaises surplombant la mer, les pentes douces à végétation basse et sol meuble, les zones d’éboulis présentant une érosion sous les blocs.

Reproduction et élevage
Les dates de pontes varient en fonction des conditions climatiques. En règle général les pontes ont lieu autour du mois d’avril. Un œuf unique est pondu. L’incubation dure 39 à 42 jours et l’élevage entre 38 à 53 jours en moyenne. La femelle incube plus longtemps et s’occupe plus souvent du poussin que le mâle. Celui-ci passe plus de temps à la défense du terrier. Le poussin quitte le nid avec la possibilité de voler et, dès lors, ne reçoit plus aucun soutien alimentaire de ses parents.

Le nombre moyen de jeunes par couple croît avec la densité des nids. Une colonie prédatée ou dérangée peut voir sa productivité réduite de 75 %. En cas de pénurie alimentaire, les adultes favorisent leur survie au dépend de celle des poussins. Mais des mécanismes régulateurs permettent aux poussins de résister : variation du taux de croissance, allongement de la période d’élevage, croissance anatomique différentielle.
L’âge de la première reproduction est de 5 à 6 ans. Le premier retour sur la colonie se situe vers l’âge de 2-3 ans mais l’occupation d’un terrier n’intervient pas avant l’âge de 4 ans. La longévité maximale observée est d’environ 33 ans.
La survie annuelle des Macareux dépend de la température de l’eau et de la quantité de poissons prédatés. Malgré que leurs niches écologiques peuvent être aussi occupées par d’autres espèces d’oiseaux, cela ne semble pas le gêner outre mesure.

Alimentation
Les macareux moines sont capables de passer en fonction des ressources disponibles de diverses espèces de poissons tel que les Capelans, les Harengs, les Sprats et les Lançons. Ils sont tous des proies à haute valeur énergétique. Le Macareux sait se montrer opportuniste et changer de proies pour son poussin en fonction de la ressource disponible. En hiver, les invertébrés aussi peuvent jouer un rôle significatif dans l’alimentation.
Les Macareux moine attrapent leurs proies en s’immergeant depuis la surface puis en se propulsant sous l’eau grâce à leurs ailes. Il peut atteindre une profondeur maximale de 60 m pour se nourrir. Tout dépend du lieu ou il se trouve mais aussi de l’emplacement des ressources. Les proies sont recherchées en général pas à plus de quelques dizaines de kilomètres.

Les populations
On compte environ 6 millions de couples entre la côte ouest Atlantique, l’Islande et la Norvège. Le schéma global sur les 30 dernières années se résume à une augmentation annuelle de l’ordre de 1,5 % en Islande et au Royaume-Uni et une baisse en Norvège et en Irlande. Le macareux moine est un véritable indicateur de la sauvegarde des lieux de reproduction. Les populations fluctuent en fonction des différentes menaces: les filets maillants, la pollution chronique par les hydrocarbures, l’état des ressources alimentaires et les conditions climatiques. La chute spectaculaire des effectifs de la colonie de RØst en Norvège pour cause de surpêche des Harengs en est un triste exemple.

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