Les bœufs musqués, Ovibos moschatus

Description
Le bœuf musqué (Ovibos moschatus) vit dans la toundra arctique essentiellement. Son garrot prononcé et sa longue robe noire, qui font paraître ses pattes encore plus courtes, le fait se ressembler à un bison. En réalité, il s’apparente davantage aux caprins.

Ils ne sont pas très grands. Les bœufs musqués sont par contre assez lourds, compactes et massifs. Les mâles adultes pèsent de 270 à 320 kg, et les femelles, environ 90 kg de moins. Ce mammifère, qui se déplace habituellement à pas lents et mesurés, peut aussi au besoin courir et grimper avec beaucoup d’agilité. Il peut courir sur de longues distances et à des pointes de 60 km/h.

Le mâle et la femelle du bœuf musqué portent tous deux d’impressionnantes cornes. Celles-ci dessinent d’abord une courbe descendante en direction de la face, puis se dirigent vers l’extérieur et remontent en extrémités effilées. Chez les mâles, les bases de chaque corne s’avancent sur le front et se rencontrent pour former une bosse dure de corne et d’os d’une épaisseur pouvant atteindre 10 cm. Les cornes moins massives mais tout aussi pointues des femelles sont séparées par une bande de fourrure sur le front. Une glande, proche de l’orbite à sécrétion odorante, est présente.

C’est grâce à son manteau que le bœuf musqué n’est pas incommodé quand la température descend sous -40 oC et ce malgré un fort vent. Ce manteau se compose d’une toison laineuse isolante, en contact avec la peau, recouverte de grands poils ou jarres. Sa laine est plus forte et huit fois plus chaude que celle des moutons, et plus fine que le cachemire. Le bœuf musqué a été baptisé omingmak par les Inuits, ce qui signifie « l’animal dont la fourrure est comme une barbe ».

Les bœufs musqués perdent leur toison vers le milieu de l’été. Comme les longs poils protecteurs ne tombent pas tous en même temps, le pelage revêt une apparence hirsute pendant quelques semaines. De nombreux mâles adultes gardent l’année durant des touffes de vieille laine accrochées à leur crinière et à leur robe.

Ses sabots arrondis sont suffisant pour l’empêcher de s’enfoncer dans la neige. Les sabots antérieurs sont plus larges que les postérieurs et lui permettent de creuser la neige à la recherche de nourriture.
Habitat et adaptabilité
En général, on trouve le bœuf musqué dans les plaines basses ou dans les vallées fluviales de l’Arctique. La végétation y est plus abondante. Les plantes basses poussent rapidement produisant un nombre considérable de fleurs et un riche fourrage pour le bœuf musqué.

A la période de mise bas, les grands troupeaux se fractionnent en petits groupes de sept animaux, en moyenne. Durant tout l’été, ces groupes s’occupent essentiellement de leur alimentation mais aussi de repos. Au repos, le bœuf musqué se couche sur le ventre pour ruminer ou s’étend sur le côté, les pattes allongées, souvent sur des bancs de neige non encore fondus.

Les jeunes, au lieu de se reposer, se tiennent habituellement en groupes et galopent près des adultes ou s’affrontent pour s’amuser dans des combats de vigoureux coups de tête. Les adultes jouent aussi à l’occasion, particulièrement quand ils traversent des rivières, le plus souvent sautant et tournant en eau peu profonde.

Presque à toutes les époques de l’année, les mâles s’engagent dans des « tête-à-tête » ou dans des batailles plus violentes. Cependant, la fréquence et l’intensité de ces contacts augmentent à la fin de l’été, le vainqueur acquérant ainsi le statut de mâle dominant qui lui permet de régner sur la harde. Un affrontement typique commence par des parades de menaces au cours desquelles les mâles frottent leurs glandes préorbitaires contre le sol ou leurs pattes antérieures, puis avancent à pas mesurés, les cornes pointées vers leur adversaire. Ils reculent alors lentement en balançant la tête puis s’élancent l’un vers l’autre et se rencontrent dans une retentissante collision. Ce choc est absorbé par le crâne et les cornes très épaisses. Si les deux bœufs sont de force égale, plusieurs assauts ont lieu.

Dans l’extrême arctique, le soleil ne dépasse pas la ligne de l’horizon entre novembre et février. L’hiver arctique est long, la température pouvant rester inférieure à -15 oC pendant prés de deux tiers d’une année. Malgré le froid, le vent et l’obscurité, le bœuf musqué continue de s’alimenter et de se reposer. Il n’est perturbé que par les tempêtes très violentes durant lesquelles il se couche, dos au vent.

La fin de l’hiver et le début du printemps sont des périodes critiques pour le bœuf musqué. Ses réserves de gras sont faibles ou épuisées. L’animal peut très bien mourir de faim. S’il est vieux, ses dents sont usées il lui est difficile de survivre de même lorsque il est infesté de parasites ou encore si les conditions climatiques sont défavorables.
Le moyen de défense des bœufs musqués contre les loups consiste à courir jusqu’à un endroit couvert d’une neige peu profonde ou un terrain élevé et à s’aligner pour faire face aux attaquants. Lorsque les loups les entourent, ils rapprochent leur croupe et forment un cercle serré à partir duquel les adultes, mâles ou femelles, chargent l’ennemi. Il vous est possible de voir cette formation lorsqu’ils sentent votre présence un peu trop proche. Il est déconseiller en général de s’approcher trop prés. Lors d’une attaque de loups, les petits rejoignent rapidement leur mère et se mettent au centre de l’arc de cercle. Faisant face aux attaquants, les mâles frottent vigoureusement leurs glandes. Il semble que ce soit un geste de menace et un signal d’alarme.

Aire de répartition
L’espèce s’est répandue dans tout le Nord du Canada et au Groenland, puis s’est dirigée vers l’ouest, en Alaska. De nos jours, on ne rencontre des populations indigènes (non introduites) de bœuf musqué qu’au Groenland (environ 20 000 individus) et dans le Nord du Canada environ 100 000 individus. Il y a aussi une population introduite qui vit en liberté au Québec. Enfin, d’autres populations ont été introduites dans le Svalbard (îles au nord de la Norvège), dans l’Ouest du Groenland, en Norvège (Dovrefjell) et en Russie.
Alimentation
Sur le continent, les bœufs musqués se nourrissent surtout de saules qui poussent le long des rivières, où ils peuvent mieux se protéger des moustiques et des mouches piqueuses qui s’attaquent à leurs yeux. Dans les îles de l’Arctique, ils sont moins ennuyés par ces insectes.

Dès septembre, la neige recouvre le sol, et le bœuf musqué doit donc creuser pour atteindre les saules, les plantes herbacées et les carex dont se compose la majeure partie de son alimentation. Dans la plupart des régions de la toundra, le tapis neigeux est assez mince et ne nuit pas à son alimentation et à ses déplacements. Les troupeaux se nourrissent souvent dans les vallées et les basses terres où il y a moins de 20 cm de neige. En ces endroits, le vent balaie constamment la neige, créant une croûte bien assez dure pour supporter le poids d’un être humain adulte. Quand les bœufs musqués n’arrivent pas à percer cette croûte avec leurs pattes, ils la brisent à coups de tête. Ils en repoussent ensuite les morceaux avec les pattes, exposant ainsi la végétation sous-jacente. Les bœufs musqués dominants du troupeau chassent souvent de ces fosses de broutage leurs congénères de rang inférieur. Ils économisent ainsi de l’énergie pour survivre à l’hiver.
Reproduction
Vers la fin du printemps et à l’été, les troupeaux se composent de mâles et de femelles de tous âges. À l’approche de la saison du rut, la composition de certaines hardes change. La harde renferme un nombre égal de mâles et de femelles adultes. On y trouve plus qu’un seul mâle adulte (le dominant). Il est entouré de plusieurs femelles adultes, de petits et de jeunes mâles. De nombreux mâles quittent alors la harde à la suite de conflits avec le taureau dominant. Ils vivent alors en solitaires ou se joignent à d’autres taureaux dans l’attente que la période d’accouplement soit terminée.

Durant la période de l’accouplement, les mâles tentent de s’imposer en poussant fréquemment des beuglements sourds menaçants. À l’issue de combats ou d’assauts, le vainqueur acquiert le statut de mâle dominant et peut alors régner sur une harde. Les petits naissent entre avril et juin. C’est une période à risque car le manteau neigeux est épais et les conditions climatiques sont mauvaises. Les femelles commencent à se reproduire à l’âge d’environ quatre ans et ont un petit par année quand les conditions sont bonnes. Les nouveau-nés sont couverts d’un épais manteau laineux et peuvent se tenir debout quelques minutes après leur naissance.

Les femelles restent avec le troupeau. Au bout de quelques heures, la mère est le petit sont capable de le suivre. Les veaux meuglent pour maintenir le lien avec leur mère.
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